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Langue et Insertion à Vandoeuvre

La ville de Vandœuvre compte 32000 habitants dont 6000 étrangers de diverses origines, parmi lesquels 2000 étudiants. Elle compte aussi un grand nombre d’illettrés et d’analphabètes mais on ne connaît pas de chiffres précis pour ces derniers.

L’illettrisme et l’analphabétisme constituent chacun un handicap qui ne se voit pas à l’œil nu, un malaise qu’on n’aime pas dévoiler. Handicaps dont le spectre traumatisant toujours présent, bloquent presque toutes les issues. Handicaps dont les ravages importants livrent à l’incompréhension, à la monotonie et au chômage. Loin de favoriser l’intégration sociale, tout cela favorise plutôt l’exclusion sociale. Handicaps socioculturels dont les personnes concernées ne peuvent se débarrasser, sans une aide sérieuse, efficace et surtout motivante et constante.

La personne qui ne sait ni lire ni écrire n’a pas beaucoup de chances de vivre convenablement, sans formation, sans travail. Par exemple, ses moindres démarches de recherches d’emploi sont suspendues au bout du C.V. et de la lettre de motivation. Elle est déroutée et impuissante devant le code de la route et toutes les explications du petit manuel du permis de conduire. Illettrisme et analphabétisme, facettes importantes de l’exclusion sociale, existent malheureusement à Vandœuvre.

Les difficultés que rencontrent les personnes non francophones qui souhaitent s’initier et se perfectionner en français ne sont pas négligeables
.

Pour la Maîtrise de la langue Il est souhaitable de rendre plus efficace le séjour « linguistique » des étudiants étrangers qui ne peuvent pas s’inscrire à la faculté de lettres. Ces étudiants ont la chance d’être en France donc d’être entourés par la langue qu’ils veulent apprendre, ce qui facilite bien des choses. Un bain linguistique efficace est alors si facile à réaliser. Mais les 500 étudiants rencontrés en 2003 et en 2004, ont de réelles difficultés. Venus en France faire des études supérieures (souvent : un troisième cycle), ils ne maîtrisent pas ou peu la langue française. Ce qui rend le problème particulièrement épineux est qu’ils ont des cours à suivre à l’université en langue française bien sûr. Et ces cours sont d’un niveau élevé : un niveau universitaire qui nécessite une grande maîtrise de la langue.

Souvent, certains sont obligés de manquer les cours à l’université pour assister aux cours de français ou y assister une fois sur deux. D’autres se voient refuser l’accès aux cours de l’université Nancy-II par manque de places. Par exemple, en 2002-2003, il y avait 700 étudiants chinois en plus à Nancy, plusieurs étudiants restent longtemps sur les listes d’attente de certaines associations. Tous souhaitent pouvoir comprendre, parler et bien écrire la langue française car ils ont un rapport, un mémoire ou une thèse à rédiger.

Dans les associations, on leur offre quatre heures par semaine ce qui pose pas mal de problèmes au formateur qui désarmé, sait bien qu’on ne peut maîtriser une langue en apprenant sur le tas. En effet, l’étudiant qui suit des cours de français dans une association voit défiler beaucoup de choses en quatre heures mais sans approfondissement. Elles ne laissent pas beaucoup de traces, surtout pas des traces correctes. Comme beaucoup de gens qui n’ont que quatre heures par semaine interrompues par tellement de vacances, ces étudiants parlent et utilisent les mots à leur manière, essentiellement pour se faire comprendre.

Stimuler la mémoire

En quatre heures hebdomadaires on ne peut tout faire, à savoir la lecture, l’explication du vocabulaire, la grammaire, la conjugaison, la phonétique, l’orthographe, la rédaction, l’évaluation des acquis. Ce dernier point, par exemple n’a pas de place dans ce genre d’enseignement. Pourtant dans ce cas là précisément, tout le monde sait qu’un petit contrôle de temps en temps motive l’apprenant et stimule la mémoire. Malheureusement dans ce genre de cours, cette mémoire, livrée à elle-même, fonctionne uniquement à son gré. Tout ceci fait que cet apprentissage reste très incomplet donc très insuffisant.

On n’a même pas le temps de faire de vraies révisions, qui seraient considérées comme une pure perte de temps par beaucoup d’apprenants. Car l’essentiel pour eux est de toujours apprendre quelque chose de nouveau. En quatre heures, c’est surtout le vocabulaire qui les attire le plus. Ils veulent collectionner le maximum de mots. On a l’impression que chaque mot nouveau représente une grande conquête.

<strong>Pour une prise en charge efficace

Mais collectionner des mots sans prendre le temps de bien les comprendre, d’essayer de bien les prononcer, sans apprendre à bien les orthographier… cela ne les aiderait pas beaucoup à perfectionner leur connaissance de la langue française. Collectionner des mots sans savoir bien les utiliser, bien les placer dans une phrase, c’est-à-dire sans consacrer le temps nécessaire à chacun de ces cas… toutes leurs belles conquêtes ne leur seraient pas d’un grand secours. Cela nécessite une prise en charge et une structure plus efficaces. Les personnes d’origine étrangère sont en général, intéressées par le suivi des cours mais le hic est qu’elles constituent un public qui cherche des cours gratuits ou presque.

Il me paraîtrait utile de créer un établissement d’enseignement du « Français Langue Étrangère » à Vandœuvre. Cela pourrait être une association à but non lucratif, avec comme principal objectif de rendre l’apprentissage du français plus adapté et plus accessible à toutes celles et à tous ceux qui ont besoin d’apprendre, de perfectionner ou de maîtriser leurs connaissances de langue française à Vandœuvre.

Un but essentiel : favoriser l’acquisition de la langue française pour une meilleure compréhension de l’autre et une meilleure insertion dans la vie quotidienne, permettant aussi aux gens de la région de ne pas devoir faire de longs trajets. En effet, il faut prendre deux bus pour aller de Vandœuvre à la faculté de Lettres à Nancy, ce qui fait trois heures de trajet aller-retour par jour, pour accéder aux cours de français.

Imane Mahmoud

Pour Apprendre le français à Vandœuvre

Différences et Découvertes
Email : difetdec@yahoo.fr
Tél: 03 83 54 56 11

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